Et si on partait vers un quartier lointain ?

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Ça vous a peut-être échappé mais Jirô Taniguchi est mort le 11 février dernier.

En tous cas, de mon côté, la triste nouvelle a juste généré 3 pauvres réactions sur mon mur Facebook. J’étais partagée entre l’envie de fermer mon compte ou me lamenter sur la disparition de celui qui squatte nos tables de chevet régulièrement. J’ai repris du café.

Taniguchi, c’était des mangas doux, délicats, introspectifs, intimistes. Parfois durs et violents lorsqu’il s’attaquait aux rapports entre les animaux, la nature et l’humain. Mais surtout, Taniguchi m’a initié au manga. Oui, parce que jusqu’à ce que je le lise, j’étais un peu, beaucoup allergique à cet univers qui était synonyme de dragon et de boules, de femme-enfant combattant le mal par l’amour, de bouches bien trop grandes et de cheveux aux couleurs improbables que ne renierait pas Katy Perry, de pleurs horizontaux et de bols de riz engloutis en 3 secondes. On sent bien l’enfance Club Dorothée non ?

En fait, il m’est arrivé la même chose avec les comics. Des noms tous pourris (Magneto, Angel, Green Lantern, Atomic Skull), des looks moulants improbables (par ici le cuir, le latex, le lycra, le 95F et autres bons goûts), des missions passionnantes (sauver : le monde, la meuf, le prof, l’univers – mais pas sa dignité), des supers pouvoirs navrants (des doigts se transformant en palmes, un corps fusionné avec la technologie des Célestes – wou ! – la manipulation de la puissance du Big Bang. Je ne comprends même plus ce que j’écris.)

Je suis entrée dans des univers d’ultra-violence où règnent en maîtres la vulgarité la plus crue et la plus imagée, le blasphème, le racisme, l’horreur, le fantastique, la haine de la religion et l’humour, surtout.

Et je les ai rencontrés. Ils traînaient dans notre bibliothèque depuis pas mal de temps. Ils étaient imposants et mystérieux. Ils avaient une bonne gueule avec leurs tranches noires et graphiques. Ils s’appellent Preacher et Hellblazer. Et ils font partie de mes plus belles rencontres littéraires. Je suis entrée dans des univers d’ultra-violence où règnent en maîtres la vulgarité la plus crue et la plus imagée, le blasphème, le racisme, l’horreur, le fantastique, la haine de la religion et l’humour, surtout.

Jamais, vraiment jamais je n’aurais pensé pouvoir accepter autant de violence. Pire. Jamais de j’aurais pensé AIMER autant cette violence. Mais cette violence est tout simplement parfaite. Car elle est au-delà de la violence justement. Preacher et Hellblazer ont totalement explosé les limites du genre en transformant cette sauvagerie en folie. Et ont basculé dans le culte.

Ça vous a peut-être échappé mais le dessinateur de ces deux merveilles, Steve Dillon, est mort en octobre dernier.

A propos de Frida

Frida

Je m’appelle Frédérique (ou Frida) et je suis productrice de contenu rédactionnel.

J’ai lancé mon activité freelance en 2014 après avoir été consultante en relations presse – relations publics au sein d’agences de communication à Lyon, Paris et Genève.

Par Frida

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Je m’appelle Frédérique (ou Frida) et je suis productrice de contenu rédactionnel.

J’ai lancé mon activité freelance en 2014 après avoir été consultante en relations presse – relations publics au sein d’agences de communication à Lyon, Paris et Genève.

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