Livre/amant : même combat ?

L

Je passais l’autre jour devant ma bibliothèque et m’arrêtais pour faire un scan des livres qu’il me reste (cf – Doit-on prêter ses livres ?). Mon regard balayait l’ensemble des titres des bouquins et plusieurs fois je me suis posée la question « de quoi ça parle déjà ? ».

Après une relecture de la quatrième de couv’, le topo du roman me revenait assez rapidement. Et j’étais assez gênée car je me souvenais l’avoir vraiment apprécié. Mais alors, pourquoi le titre ne me « ring pas la bell » comme on dit (ou pas) ? Et j’ai dû me rendre à l’évidence : les livres nous jouent des tours. Un peu comme les amants d’une nuit. Sur le coup, on mise sur un souvenir impérissable de nos étreintes censurées mais quelques années après, impossible de se souvenir des noms, des traits, des gestes… Le roman se transforme parfois en amant fantôme. Difficile exercice qu’est celui de remettre correctement des images, des mots, un contexte, une ambiance sur un titre.

Le roman se transforme parfois en amant fantôme. Difficile exercice qu’est celui de remettre correctement des images, des mots, un contexte, une ambiance sur un titre.

Et me voici devant la bibliothèque à réfléchir à quels romans je peux attribuer le mérite de m’avoir réellement touchée. Ils sont peu nombreux en fait. Parmi cette grosse poignée, il y a Vendues de Betty Mahmoody et Zana Muhsen, lu quand j’avais dix ans, ravagée par une angine aux Arcs 1850. J’avais adoré les photos témoignages du milieu avec Jean-Pierre Foucault (ok, c’était peut-être les prémices de mon penchant pour la presse people). Rebecca de Daphné du Maurier. J’avais douze ans. Rebecca, cette nana fan de voile, ultra-distinguée, hautaine, machiavélique, cruelle, totalement frappée… Une vraie Lilith de la campagne anglaise. Méga coup de cœur. Je le relis chaque année. Tendresse infinie pour ce roman. Légendes d’automne de Jim Harrison. Offert par un inconnu chez la Belle Hortense à Paris entre deux coups de Brouilly et de langues, il m’a instantanément fait tomber amoureuse d’une littérature américaine qui m’était jusque-là étrangère. Je n’ai, depuis, cessé de m’avaler du Bass, Johnson, Brautigan, Tesich, London, Irving, Burroughs, Kerouac, Wolfe… Et puis Les Détectives sauvages de Roberto Bolaño. Parce que lire du Bolaño, c’est une expérience unique. On n’en ressort pas indemne. C’est chargé, c’est brutal, c’est éclaté. C’est merveilleux. Une liberté totalement nouvelle qui me surprend encore aujourd’hui. Et puis aussi parce qu’il m’a menée vers son 2666 que je n’ai jamais réussi à finir. Challenge perso.

Ces quelques romans sont finalement très différents. Mais sont, à leurs manières, des racines m’entraînant vers des ramifications sans fin qui m’invitent à découvrir des pépites littéraires. Parfois. Pas souvent. Un peu comme les amants d’une nuit donc.

A propos de Frida

Frida

Je m’appelle Frédérique (ou Frida) et je suis productrice de contenu rédactionnel.

J’ai lancé mon activité freelance en 2014 après avoir été consultante en relations presse – relations publics au sein d’agences de communication à Lyon, Paris et Genève.

Par Frida

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Je m’appelle Frédérique (ou Frida) et je suis productrice de contenu rédactionnel.

J’ai lancé mon activité freelance en 2014 après avoir été consultante en relations presse – relations publics au sein d’agences de communication à Lyon, Paris et Genève.

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