Pourquoi je ne lis pas de poésie ?

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Comme chaque matin, j’écoutais Augustin Trapenard animer « Boomerang » sous ma douche. Comme chaque matin, je buvais ses paroles (et l’eau chaude qui coulait du pommeau) et celles de son invité. Michael Lonsdale venait ce vendredi en qualité de parrain du Printemps des Poètes. Ce qui m’a donné l’occasion de réfléchir à mon rapport à la poésie pendant que mon masque capillaire posait. Ou plutôt à mon manque de rapport. Je ne lis pas de poésie. Je suis nulle en poésie.

Le camembert marron du Trivial Pursuit m’échappe à chaque fois car je suis persuadée que La terre est bleue a été écrite par Apollinaire. Je ne suis capable que de citer les deux premiers vers de Demain, dès l’aube de Victor Hugo (« Je partirai »… Mais où ??). J’ai parcouru Une saison en enfer de Rimbaud quand j’étais lycéenne car je trouvais que ça collait parfaitement à mon look hippie. Les termes anacoluthe, assonance, asyndète, chiasme (vraiment ?) et autres diérèses me condamnent à fuir le rayon poésie des librairies.

La poésie n’est pas obligation mais innée.

Mais ce matin, en sortant de la douche, j’ai pris le problème à bras le corps et ai ouvert le Larousse qui indique que la poésie est l’ « art d’évoquer et de suggérer les sensations, les impressions, les émotions les plus vives par l’union intense des sons, des rythmes, des harmonies, en particulier par les vers ». Tout est devenu clair. Céline Dion qui fait rimer « louanges et vendanges » est poète. Le relou du métro qui tente le « ton père est un voleur car il a volé toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux » est poète. Gainsbourg, que j’adore, a muté la chanson en poésie en remixant Rimbaud ou Baudelaire (Les paroles de Cargo Culte, Mon Dieu !).

La poésie n’est pas donc pas le problème. L’idée classique et un poil réac’ que je m’en fais en est un. La poésie n’est pas mathématique, n’est pas le souvenir d’obligations scolaires ou le reflet de textes alambiqués que l’on peut pénétrer seulement sous substances. La poésie se trouve dans mon quotidien, dans mes ressentis, dans mon imaginaire. La poésie n’est pas obligation mais innée. Serait-ce le début d’un prose combat ?

A propos de Frida

Frida

Je m’appelle Frédérique (ou Frida) et je suis productrice de contenu rédactionnel.

J’ai lancé mon activité freelance en 2014 après avoir été consultante en relations presse – relations publics au sein d’agences de communication à Lyon, Paris et Genève.

Par Frida

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Je m’appelle Frédérique (ou Frida) et je suis productrice de contenu rédactionnel.

J’ai lancé mon activité freelance en 2014 après avoir été consultante en relations presse – relations publics au sein d’agences de communication à Lyon, Paris et Genève.

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